N°498-Terre en folie, Il est l’un des nôtres.

feuille paroissiale N 498

 

Terre en folie, Il est l’un des nôtres.

Dimanche dernier nous vivions un moment exceptionnel en célébrant, à la demande des jeunes agriculteurs, la messe au milieu des champs. Ils organisaient un événement pour la région Nord-Pas-de-Calais, le beau temps étant de la partie, ce fut plus de 13 000 personnes qui foulèrent, dans la poussière, le champ de blé moissonné.

Comment ne pas répondre positivement à cette demande singulière de célébrer l’eucharistie à l’aube de ce dimanche ensoleillé. Nous étions plusieurs centaines sous le chapiteau pour célébrer le Ressuscité. « Ok les jeunes, je viens célébrer mais vous vous investissez pour préparer ensemble l’Eucharistie du jour ! ». Ce fut chose faite, par deux fois nous nous sommes retrouvés au cours de l’été pour préparer ce moment. Ce fut l’occasion de partager, de répondre à leurs étonnements, ayant tout à découvrir. D’aucun, je pense à Victor donnant son accord pour poursuivre pourquoi pas vers le sacrement de la Confirmation.

Ce qui les a le plus frappé, me disait François, c’est le fait que j’étais l’un des leurs. Que moi aussi j’étais fils de paysan, que moi aussi je fus élevé derrière le pis des vaches. Je leur racontais comment jeune prêtre, en insertion pour un an dans le Beaujolais j’avais célébré ma première messe à Quincié avec les mains noires marquées par le tanin des vendanges. J’étais accueilli par les chrétiens de Quincié comme étant l’un des leurs. Cette messe inaugurait une année formidable dans la fraternité partagée, j’étais devenu pour un temps : l’un des leurs.

Nous sommes là au cœur de la foi chrétienne, Dieu en Jésus-de Nazareth est devenu l’un des nôtres, c’est incroyable ! En apportant au cœur de la messe les produits de la terre : bottes de lin et de blé, betteraves et carottes, maïs et pomme de terre avec le pain et le vin, nous apportons les fruits de la création, les fruits du travail des femmes et des hommes de la terre pour les remettre dans les mains du Seigneur. Ils deviendront pour nous les signes de la présence du Ressuscité que nous accueillerons au creux de nos mains, marquées par notre labeur de chaque jour.

Quelques minutes plus tard, à Montreuil je baptisais Hayden au cours de la messe, je lui imposais les mains pour lui transmettre la force, la présence de l’Esprit-Saint. Le divin se faisait présent en son humanité comme la goutte d’eau que je versais dans la coupe de vin, signe de l’alliance d’amour de Celui qui est venu partager notre humanité pour qu’à tout jamais nous partagions sa divinité.

Dieu est grand, Loué soit-il.

Belle semaine de rentrée

Abbé Bruno