N°518 – Fidélité

Mardi dernier, je partageais avec Stéphane ma joie de retrouver, de temps en temps, un groupe d’amis de plus de cinquante-trois ans. Nous étions étudiants à Lille, dans les facultés ou les écoles de la Catho. Une relation amicale s’est alors tissée, amitié qui ne s’est jamais démentie depuis ces belles années de jeunesse.
Dispersés aux quatre coins de la France, exerçant des professions variées — ingénieurs, médecins, agriculteurs, infirmières, cadres, directrices de crèches, prêtre… — nous avons appris à connaître les conjoints, nous avons vu naître les enfants… et nous avons pris l’habitude de nous retrouver au minimum une fois par an pour le réveillon de fin d’année, chez l’un ou l’autre : dans la région lilloise, à Aix-en-Provence, en Bretagne, à Dijon…
Les couples tiennent bon, et nous venons de perdre Toune, notre amie très chère, la première de notre petite tribu à rejoindre le Père miséricordieux.
Stéphane a réagi à mon récit par cette belle phrase de Charles Péguy : « Les fidélités sont des citadelles. »
Les fidélités sont des citadelles parce qu’elles protègent ce qu’il y a de plus précieux dans l’existence. La richesse n’est pas dans les biens matériels accumulés. La richesse d’une vie se mesure au poids des relations, aux liens d’amitié et d’amour tissés au long des jours et des années. La citadelle est capable de résister au temps, aux assauts, aux modes et aux reniements.
Ce qui fait la dignité d’une vie humaine, c’est sa capacité à tenir bon. Apprenons à tenir bon dans nos engagements, dans nos liens humains et amicaux. Dieu est fidèle ; c’est pour cela qu’il est notre force et notre roc.