N°535 – Attachement II

feuille paroissiale N 535
 – La semaine dernière, je reprenais une belle parabole du Bienheureux Antoine Chevrier, qui comparait l’attachement au Christ à celui du lierre épousant le tronc de l’arbre. Cette image continue de travailler mon esprit, surtout cette semaine, en entendant plusieurs couples commenter ce passage de l’Évangile selon saint Marc :
« L’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. »
Quitter pour s’attacher. S’attacher pour ne faire qu’un.
Il ne s’agit pas de vivre un amour fusionnel, ni une dépendance réciproque : le lierre demeure lierre et l’arbre demeure arbre. Vivre le sacrement du mariage, c’est choisir de se donner, de faire de sa vie un cadeau pour l’autre, pour ses enfants et pour le monde en restant soi-même.
Je me donne à toi pour te permettre d’aller au bout de tes rêves, de tes potentialités, sachant qu’avec toi je peux, moi aussi, me réaliser pleinement. Ensemble, nous donnerons le meilleur de nous-mêmes à nos enfants afin que, grâce à la confiance reçue, ils puissent à leur tour grandir, se déployer et emprunter des chemins parfois surprenants.
« Ne faire qu’un » : l’arbre permet au lierre de s’élever, de voir plus loin et de recevoir davantage de lumière. Le terreau nourrit l’arbre et lui donne la force de grandir. Chacun s’épanouit selon sa nature et ses capacités ; chacun accueille à sa manière les oiseaux, les insectes, les amis de passage… et tous peuvent trouver refuge auprès d’eux.
Hier encore, un ami comparait le couple à un arc, formé du bois et de la corde, capable de propulser la flèche vers l’avant, comme des parents accompagnent leurs enfants vers leur propre destinée.
À toi maintenant, ami lecteur, de poursuivre l’allégorie…