N° 542 – Son nom sera Jean

– Mercredi, l’Église célébrait la naissance de Jean le Baptiste et nous donnait à méditer le récit de saint Luc (Lc 1, 57-80). Au moment de donner un nom à l’enfant, tous s’attendaient à ce qu’il porte celui de son père, Zacharie. Pourtant, contre toute attente, Élisabeth et Zacharie affirment : « Son nom sera Jean. »
Ce détail n’en est pas un. Dieu appelle chacun par son nom. Chacun est unique dans son projet d’amour. Le prophète Isaïe l’exprime avec force : « J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. » (Is 49,1)
Quelle magnifique nouvelle ! Chacun de nous a du prix aux yeux de Dieu. Personne n’est inutile. Personne n’est un simple numéro. Cette certitude devrait déjà remplir notre cœur de joie et de gratitude.
À la naissance de Jean, les témoins s’interrogent : « Que sera donc cet enfant ? En effet, la main du Seigneur était avec lui. » Cette question pourrait devenir la nôtre. Non pas : Que vais-je faire de ma vie ? mais plutôt : Que veut Dieu pour moi ? Pourquoi m’a-t-il créé ? À quoi suis-je appelé pour participer à la construction de son Royaume ?
C’est aussi une belle question à transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants : « T’es-tu déjà demandé ce que Dieu voudrait pour toi ? » La réponse se découvre peu à peu, à travers les talents reçus, les désirs profonds, les élans du cœur, mais surtout dans l’écoute du Seigneur qui ne cesse d’appeler.
Jean reçoit une mission. Comme Jérémie avant lui, il est envoyé. Il préparera les chemins du Seigneur, ramènera les cœurs vers Dieu et annoncera la venue du Sauveur.
Par notre baptême, nous aussi, nous recevons une mission. Nous sommes appelés à être lumière du monde et sel de la terre. Nous ne sommes pas faits pour vivre uniquement pour nous-mêmes. La foi nous engage dans une œuvre qui nous dépasse : celle du Royaume de Dieu. La vraie question devient alors : À quelle tâche le Seigneur m’envoie-t-il aujourd’hui ?
Il me semble que toute vie chrétienne peut s’orienter autour de trois convictions simples :
Je suis unique et infiniment aimé de Dieu.
Je suis appelé à une vocation qui donne sens à ma vie.
Je suis envoyé en mission pour servir les autres et participer à l’œuvre de Dieu.
Au fond, Dieu ne veut qu’une chose pour chacun de nous : notre bonheur. Et ce bonheur ne se trouve pas dans la recherche de notre seul intérêt, mais dans la joie de répondre à son appel.
Pour ma part, cet appel s’est incarné dans un désir profond : aimer le Christ et aimer les personnes qu’il met sur ma route. Et je peux en témoigner avec reconnaissance : Dieu soit loué, cette joie est quotidienne.