N° 546 – Les petits coups de main

feuille paroissiale N 546

Il y a ce qui se voit… et il y a tout ce qui demeure caché, dans un anonymat humble et discret. Il y a Chantal et Christine qui viennent faire le tri estival des placards et autres lieux de rangement… ou plutôt de débarras ! Il y a Françoise, Hélène et Sophie qui emportent chez elles les écocups de la fête pour les laver. Il y a Joseph, Benoît et Christine qui déplacent les tables. Il y a Richard, toujours heureux de déplacer son piano pour magnifier nos célébrations, et les amis des chanteurs de Diapason qui viennent renforcer la chorale. Il y a Claire, Pascaline et Nicolas, toujours à l’affût d’un encouragement ou d’un service à rendre. Il y eut aussi Emery, Yves, Denis, Pierre-Henry, Marie-Annick, Béatrice, Éric et Roland, présents pour transporter meubles et cartons de Montreuil à Condette… Il y a Florence qui organise sans bruit, et la liste pourrait être encore bien plus longue. Mille excuses à celles et ceux qui ne sont pas cités et pourtant tellement dévoués….
Quel bonheur d’être secondé, aidé, soutenu ! Ces petits gestes, souvent spontanés, disent beaucoup : « N’hésite pas, fais appel, nous serons là ! ». La vie est belle lorsqu’elle devient service, lorsqu’elle se fait don de soi. Sans bruit, sans chercher à être remarqués, des femmes et des hommes sont simplement là. L’été est ainsi tissé de milliers de petits services : les grands-parents qui accueillent leurs petits-enfants, les voisins qui veillent les uns sur les autres, les amis qui se rendent disponibles, les bénévoles qui donnent de leur temps. C’est là que l’Évangile prend chair.
« Heureux les miséricordieux ! Heureux les doux ! Heureux les humbles de cœur ! Heureux les artisans de paix ! » Jésus se réjouit de ces gestes ordinaires qui rendent le monde plus fraternel. Chaque service discret est déjà une parcelle du Royaume de Dieu. Que deviendrait notre monde, si souvent marqué par la violence, l’individualisme et le chacun pour soi, sans cette multitude de petits et de grands soutiens ? Nous vivons grâce aux autres, et nous faisons vivre les autres.
La véritable misère, c’est de ne compter pour personne. Le fils prodigue « aurait bien voulu se rassasier des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien » (Lc 15). Puis tout bascule : « Comme il était encore loin, son père l’aperçut ; il fut saisi de compassion, il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. » Le père ne compte pas les fautes ; il accueille, relève et redonne une place. Voilà le cœur de Dieu. Chaque fois que nous tendons la main, que nous portons un carton, déplaçons une table, lavons quelques gobelets, chantons pour embellir une célébration ou prenons simplement des nouvelles d’une personne, nous faisons déjà entrer un peu de ce Royaume dans notre quotidien. Le Royaume de Dieu, ce n’est pas seulement demain. Il est déjà aujourd’hui, dans ces innombrables petits coups de main qui changent la vie.