N° 550 – L’eau vive
– L’été touche à sa fin ; il a été marqué par une grande sécheresse. Quand on habite en ville on ne s’en rend pas tellement compte, si ce n’est de la chaleur aux jours de canicule. Mais qu’on vive à la campagne et surtout qu’on y travaille, alors le manque d’eau se fait vivement sentir. Cela a permis une moisson très précoce, mais les arrosages ici où là dans les champs ne compensent pas quelques bonnes pluies pour abreuver le maïs ou les pommes de terre et les betteraves. Nous oublions parfois ce don précieux qu’est l’eau. Selon les Nations unies, 2,1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable, soit 1 personne sur 4 dans le monde ! Ne serait-ce que bénéficier de l’eau courante. Il faut avoir été privé de l’eau courante chez soi – ce qui a été mon cas une paire d’année en Afrique – pour apprécier d’avoir à tourner un robinet pour préparer la cuisine ou prendre une douche !
« L’eau vive », c’est le thème proposé par des responsables œcuméniques pour la prière du « temps pour la création ». En effet, depuis plusieurs décennies, à la suite du patriarche orthodoxe Bartolomé, les derniers papes et responsables d’Eglises chrétiennes invitent les chrétiens à consacrer un temps de prière pour la sauvegarde de la création entre le premier septembre et le 4 octobre, fête de st François d’Assise.
Dans la Bible, le prophète Ezéchiel décrit la vision qu’il a reçue de cette fécondité de l’eau vive que Dieu promet à son peuple : « Et alors tous les êtres vivants qui fourmillent vivront partout où pénétrera le torrent. Ainsi le poisson sera très abondant, car cette eau arrivera là et les eaux de la mer seront assainies : il y aura de la vie partout où pénétrera le torrent…12 Au bord du torrent, sur les deux rives, pousseront toutes espèces d’arbres fruitiers ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne s’épuiseront pas ; ils donneront chaque mois une nouvelle récolte, parce que l’eau du torrent sort du sanctuaire. Leurs fruits serviront de nourriture et leur feuillage de remède. »
Ces versets d’Ézéchiel 47:9-12, décrivent l’eau vivifiante qui coule du Temple, qui vient de Dieu. Le fleuve se répand de plus en plus, restaurant les terres stériles, ravivant les eaux et soutenant des écosystèmes florissants. Cette vision invite les êtres humains à assumer leurs responsabilités : en reconnaissant les dommages écologiques, en acceptant notre interdépendance ; nous sommes appelés à une plus grande conscience de ce bienfait de l’eau, à protéger activement et à œuvrer pour le renouveau de la création afin que la guérison de l’environnement et le bien-être humain puissent s’épanouir ensemble.


