N° 519 – ECOUTER ?
La question paraît simple, presque banale. Et pourtant. Combien de fois la question posée, lors d’une interview, dans une conversation ordinaire, atteindra-t ’elle son but : recevoir une réponse libre, argumentée, complète ? La phrase commence, le sujet apparaît, le verbe s’élance… puis plus rien. Le complément d’objet direct restera à jamais inconnu, suspendu dans l’air comme une pensée inachevée.
Écouter demande du temps, du silence, et surtout une certaine humilité. Car écouter, ce n’est pas attendre son tour pour parler. C’est accepter de ne pas être le centre, de ne pas savoir à l’avance ce que l’autre va dire.
Nous sommes quelques-uns, plongés dans une conversation animée, et soudain l’intrus arrive. Il ne s’excuse pas, n’observe pas, n’écoute pas. Il intervient immédiatement. La conversation ne reprendra jamais tout à fait son cours. Quelque chose s’est brisé : le fil, l’attention, la confiance.
À force d’interrompre, nous finissons par parler seuls, entourés de mots mais privés de sens. Savoir écouter, c’est offrir à l’autre la chance d’aller jusqu’au bout de sa phrase, c’est lui permettre d’exister, d’être lui-même, libre de sa pensée, même si celle-ci déroute, interpelle.
« Parle Seigneur, ton serviteur écoute ! »
Faire silence, se rendre disponible à la parole, suppose un apprentissage. La communication entre deux personnes demande du temps
Ecouter, écouter encore, écouter toujours, écouter jusqu’au bout. « Parle, Seigneur, dis-moi une parole, je suis tout écoute, je me tiens disponible, prêt à Te servir ». Dans la prière, j’écoute une parole qui me touche, me met en mouvement, une parole qui me re-suscite et balise les étapes de mon chemin. A l’écoute de la parole de Dieu, mon existence trouve son unité et son dynamisme.
Le silence est une manière d’exprimer le vide que nous désirons voir rempli par Dieu.

