… et la santé surtout !
… et la santé surtout !
Lorsque nous nous échangions les vœux en début d’année, il n’était pas rare qu’au souhait de bonne année beaucoup ajoutent «et la santé surtout». Nous savons combien la santé est un bien précieux, mais aussi tellement fragile ; Il se trouve que ce dimanche est précisément le « dimanche de la santé ». Ce dimanche est une occasion de reconnaître et de soutenir tous ceux
qui œuvrent dans le domaine de la santé, souvent dans la discrétion, tout en rappelant que l’accompagnement des personnes
souffrantes est une priorité évangélique. Ce dimanche est toujours proche de la fête de Notre Dame de Lourdes le 11 février que Jean-Paul II a désigné est la journée mondiale du malade.
Réfléchir sur la santé, c’est aussi s’interroger sur la maladie. Ou plutôt, la maladie nous interroge ! Soit parce que nous sommes malades : Pourquoi moi ? vais-je m’en sortir ? Pourquoi ma vie ? Quelle destinée ? Qu’ai-je fait de ma vie ? La maladie questionne aussi celui qui n’est pas malade, mais qui est en présence ou accompagne le frère malade. Être impuissant devant la souffrance du frère, comment être avec lui ? … Avec quelles paroles ou plutôt quelle écoute.
La maladie nous renvoie aussi à nous-mêmes : s’il nous arrive d’être dans cette situation… Comment supporterai-je ces handicaps ? Et si je devais devenir dépendant comme tel ou tel ? Il nous est difficile de nous imaginer devenir dépendant des autres ; néanmoins, croyants, nous nous souvenons que le Fils de Dieu lui-même s’est rendu totalement dépendant, jusqu’à la mort, de ceux au milieu desquels il prit chair.
Tous ne comprennent pas ce langage et on parle aujourd’hui « d’aide à mourir » ; mais éluder les questions par l’euthanasie – ce mot qu’ils évitent d’utiliser – en donnant la mort, est-ce la solution ? On ne prend pas soin de la vie en donnant la mort ! La dignité de la personne humaine ne dépend pas de sa santé, de son état physique ou mental, de son utilité sociale ou de critères d’acceptabilité dépendant de ce que lui reconnaît la société. Cela certes, donne des apparences de miséricorde, quand il est insupportable d’être témoin de la souffrance du frère. Mais, au lieu de tuer il est autrement plus humain de soigner et d’alléger la souffrance, comme les soins palliatifs en ont la mission.
Guy Pillain

